Il en faut pourtant peu pour être heureux.
Marcher ou courir sous la pluie en pensant au présent et à l'avenir, sentir la douleur du ciel ruisseler sur mon visage et aprecevoir la sombre couleur des nuages. Me sentir seule au monde, loin de ces gens que je ne parviens à comprendre. Ne même pas y penser et me sentir heureuse, loin de cette société trompeuse, consommatrice et manipulatrice. Je me sens autre. Autre et étrangère de ces âmes qui ne comprennent que le matériel et ne savent se satisfaire de l'essentiel. De ces âmes dénuées de sentiments profonds. De ces gens se pensant heureux en consommant, de ces ignorants. Et ce vent, caressant délicieusement mon visage, et cette nature qui me dévisage, cette nature, cette nature à laquelle on doit tout mais qui n'attend plus rien de nous, et ces arbres, majestueux, amis des éclairs. Et cette terre, dévastée, ravagée par les Hommes, se croyant tout permis. Ce monde, naufragé, près de la noyade, ce monde malade. Malade à en vomir. Et j'aimerais cracher ma colère, et je suis là, impuissante, assistant à la destruction de notre maison. Y participant même un peu. Et pourtant le monde est si beau, si riche, pourquoi tout attendre de l'argent ? L'Homme détruit mécaniquement, sans même réfléchir à ses actes, sans regrets. Et ses idées qu'il cherche à m'imposer, à ancrer au fond de mon esprit, ces idées que je ne peux plus supporter. Que faire ? Comment L'Homme peut-il être aussi égoïste ? Et le monde se meurt, et il pleure, et ses appels au secours sont si peu écoutés, on préfère ignorer. Consommer, consommer et encore consommer pour tout jeter, un plaisir qui fait pitié. Où est le bonheur dans les objets ? Et loin de ça, loin d'eux, seule dans la brume du matin, tout me semblait tellement mieux.
La nature, un peu d'amour, un peu d'amitié et le tour est joué.
Comme quoi, il en faut vraiment si peu pour être heureux...